Les devoirs de mère

Publié le par HABIBA

Second volet d’un dossier en quatre parties sur les devoirs et les droits de la femme musulmane, celui-ci traite des devoirs de la femme en tant que mère.
 

 

Dans un premier volet ont été présentés les devoirs de la femme en tant que fille puis épouse. A ces derniers viennent naturellement s’ajouter ceux de mère. Etre une mère musulmane ne se réduit pas à rester à la maison près de son enfant comme veulent montrer tant de féministes. Ce rôle est trop souvent sous-estimé et dévalorisé dans nos sociétés. Une femme qui n’est "que" mère est rarement ou trop peu considérée alors qu’on admire rapidement une femme médecin, ingénieur, ministre. Pourtant, ce rôle est primordial car il inclut l’éducation des enfants, et donc l’avenir de la société. Le savoir transmis par la mère est déterminant pour la foi de l’enfant.

AllaitementLe rôle de la mère commence dès le début de sa grossesse, elle doit veiller à sa santé pour protéger le fœtus. Elle doit donc éviter tout stress inutile et faire attention à son alimentation. Parmi les premiers devoirs des parents figurent le choix d’un prénom convenable, le sacrifice d’une brebis le septième jour et la circoncision. Ils sont réalisés après concertation des parents et non destinés au père. Accomplie de préférence à un âge précoce, l’utilité de la circoncision est confirmée par de nombreux médecins américains. Après la naissance de l’enfant, la mission de la mère se poursuit lors de l’allaitement. Des études modernes confirment sa nécessité et son importance pour le développement de l’enfant. Lorsque la femme travaille, il devient difficile de le faire car le lieu de travail n’est pas toujours proche du domicile ou la crèche et les horaires plus ou flexibles. La meilleure solution est certainement de suspendre son activité professionnelle pendant la période d’allaitement. Pendant les premières années de sa vie, l’enfant a un grand besoin de tendresse et d’affection. La mère est naturellement la personne la plus compétente pour y répondre, pour cela elle doit être proche de lui et le plus souvent possible, ne pas négliger le moindre instant en sa compagnie, donner des moments de qualité et non une simple présence. Elever un enfant ne se résume pas à le nourrir, le vêtir et l’emmener à l’école. Il s’agit de l’éduquer au niveau corporel, intellectuel et spirituel : une mission difficile mais noble.

L’éducation corporelle inclut quatre points :

Activité sportive

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    Inculquer à l’enfant les règles élémentaires d’hygiène. Il s’agit de la base d’une bonne santé, grâce à la propreté du corps, des vêtements et des lieux.

     

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    Apprendre à l’enfant à s’alimenter : choisir des aliments licites, respecter les horaires des repas, manger avec modération et éviter les excès et le gaspillage, suivre les bonnes manières enseignées par le Prophète saws telles que commencer son repas en disant "bismillah", manger avec sa main droite ce qui se trouve devant soi.

     

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    Pratiquer une activité physique. La mère doit inciter son enfant à pratiquer au moins un sport : le jogging, la natation, l’équitation, le tir à l’arc, les sports d’équipe.

     

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    Donner des notions de soin et prévention médicale.

     

 


L’éducation intellectuelle
comprend la lecture et l’écriture, l’instruction, la recherche du savoir dans tous les domaines comme Allah l’incite dans le Coran.

 

« C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir. »
Sourate 10, Yoûnous, verset 5

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume (le calame), a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.  »
Sourate 96, Al ’Alaq (L’adhérence), versets 1-5

Elle inclut également le développement des capacités de réflexion et de méditation.

« (Voici) un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence réfléchissent ! »
Sourate 38, Sâd, verset 29

L'instruction 

Elle se fait les premières années par des activités d’éveil, puis un suivi scolaire de l’enfant, l’incitation à lire, découvrir et par la suite des discussions argumentées sur des sujets variés. Le dialogue doit toujours être très présent, ne pas imposer sans expliquer.

 

L’éducation spirituelle est la plus déterminante pour la vie future de l’enfant, c’est elle qui lui ouvrira ou non les portes du bonheur dans cette vie et celle de l’au-delà. Le but essentiel est que l’enfant connaisse très tôt le sens du bien et du mal et sache les distinguer. Les points principaux sont :

 

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    La croyance en Allah, aux Anges, aux livres sacrés, aux prophètes, au Jugement Dernier, au Paradis, à l’Enfer.

     

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    L’amour d’Allah et du Prophète saws.

     

  •  

    La pratique : il est conseillé d’enseigner la prière dès l’âge de sept ans. En fait, cette tâche ne commence pas le jour de ses sept ans mais dès sa naissance. Si au sein du foyer, toutes les prières sont faites en commun, l’enfant voit dès sa naissance tous les membres de sa famille prier et naturellement, il voudra faire de même bien avant ses sept ans.

     

 

La mère lui enseigne sa religion avec les mots et les moyens propres à chaque âge. Concernant les deux premiers points, la mère peut lire des histoires aux plus petits, leur montrer des dessins animés racontant la vie du Prophète saws, leur apprendre des chansons parlant des piliers de l’islam. Aujourd’hui, les moyens d’apprendre sa religion sont de plus en plus variés et utilisent tous les types de support (livres, cassettes audio et vidéo, cd audio, cd-rom).

Pour en savoir plus

Lire

Droits et devoirs de la femme en islam,
Fatima Naseef,
Tawhid, 1995, 271 pages

Encyclopédie de la femme en islam,
’Abd Al Halîm Aboû Chouqqa,
Al Qalam, 1998, 6 tomes
ISBN 2-909469-22-0

L’élément primordial dans l’éducation est l’exemple, car on ne peut enseigner ce qu’on ne pratique pas. Les enfants mettent très rapidement en évidence les incohérences entre ce qu’ils voient et ce qu’on leur dit par leurs questions directes et spontanées. Qui n’a jamais entendu un enfant faire une remarque en public que ses parents auraient bien aimé ne pas entendre ?

Publié dans La Femme Musulmane

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