Des droits religieux et politiques

Publié le par HABIBA


Dans le dossier en quatre parties sur les devoirs et les droits de la femme musulmane, ce mois-ci le troisième volet traite des droits religieux et politiques.
 

 

Petit glossaire

 

Lois de Manou : code religieux, moral et social rédigé un peu avant l’ère chrétienne et officiellement aboli aujourd’hui.

 

La femme occupa différentes positions dans les anciennes civilisations. Elle fut souvent réduite à une marchandise avec peu ou pas de droits économiques et sociaux comme dans les civilisations chinoise, babylonienne et romaine. La culture indienne ne lui reconnaît aucun statut humain ; au décès de son mari, d’après les "Lois de Manou", elle est soit brûlée, soit rejetée de la société. Malgré une civilisation brillante, les Grecs la considéraient comme une propriété de son tuteur puis de son mari, ils ne lui accordaient aucun droit civil. Les Romains donnaient quelques avantages à la femme en tant que mère et lui reconnaissaient le droit d’hériter de son mari. Dans la civilisation égyptienne, elle était considérée et présente dans la vie sociale et politique. Cette position privilégiée constitue cependant une exception. A l’époque pré-islamique, les traditions bédouines prévalaient dans le monde arabe. La préférence était donnée aux garçons au point d’enterrer vivantes les petites filles. La femme n’avait aucun droit à la propriété, ni à l’héritage dont elle faisait partie.

Les différents statuts énumérés sont peu enviables, exception faite pour la civilisation égyptienne. L’avènement de l’islam constitua une révolution pour la situation de la femme. Il lui accorda un statut particulier, lui accordant des droits religieux, sociaux, économiques et politiques toujours inégalés de nos jours. Elle est un être humain à part entière, avec un droit à la vie indiscutable. L’islam a donné à la femme un droit à la décence et au respect avec le hijab. Elle possède également le droit à l’instruction. Ce privilège est souvent oublié et négligé dans certaines sociétés, la femme est alors maintenue dans l’ignorance par tradition. Une scolarisation obligatoire pour tous peut mettre fin à ces traditions à condition qu’elle soit accompagnée d’une volonté politique.

Femme lors d'un des rites du pèlerinage: le saïAu niveau religieux, elle est considérée comme entièrement apte à assumer ses responsabilités rituelles. Ses droits religieux sont identiques à ceux de l’homme. De nombreux versets du Coran témoignent de cette égalité par l’emploi du masculin et du féminin.

 


"Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salâ, acquittent la Zakâ et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. Aux croyants et aux croyantes, Allah a promis des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu’ils y demeurent éternellement, et des demeures excellentes, aux jardins d’Eden (du séjour permanent). Et la satisfaction d’Allah est plus grande encore, et c’est là l’énorme succès. ",
Sourate 9, At-Tawba (Le repentir), versets 71,72.

"Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumône, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.",
Sourate 33, Al ’Ahzâb (Les coalizés), verset 35.


La prièreSes actes de dévotion sont identiques à ceux de l’homme : prière, jeûne, zakâ et pèlerinage. Contrairement à l’homme, elle n’a pas l’obligation de prier à la mosquée compte tenu de ses devoirs au sein de la famille. Il s’agit donc d’une facilité pour elle et non d’une limitation. Elle est responsable de ses actes et recevra la récompense équivalente. Ces droits religieux sont le plus souvent reconnus car il n’empiète pas sur ceux de l’homme et ne remettent pas en question sa position dans la société.

Etant donné le rôle important de la femme dans la société, il est normal qu’elle possède des droits politiques. Le premier est le droit à la consultation, celui-ci étant la base d’une société saine et équilibrée, les musulmans sont encouragés à exprimer librement leur avis et opinion. Une musulmane a donc la liberté de choisir son époux et de refuser celui qu’on lui propose. Les mariages forcés, où on impose à la jeune femme un conjoint qu’elle n’a parfois jamais vu, qui existent encore de nos jours ne sont qu’une tradition, sans lien avec l’islam. Pour que ce type de mariage disparaisse, la femme doit tout d’abord être informée de ses droits et ensuite pouvoir trouver une structure pour la soutenir moralement et juridiquement. Il est donc nécessaire de créer des associations et des centres d’accueil là dans les régions, les communautés où cette tradition perdure.

 

"Ô Prophète ! Quand les croyantes viennent te prêter serment d’allégeance, (et en jurent) qu’elles n’associeront rien à Allah, qu’elles ne voleront pas, qu’elles ne se livreront pas à l’adultère, qu’elles ne tueront pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettront aucune infamie ni avec leurs mains ni avec leurs pieds et qu’elles ne désobéiront pas en ce qui est convenable, alors reçois leur serment d’allégeance, et implore d’Allah le pardon pour elles. Allah est certes, Pardonneur et Très Miséricordieux.",
Sourate 60, Al Moumtahana (L’éprouvée), verset 12.

Pour en savoir plus

Lire

Droits et devoirs de la femme en islam,
Fatima Naseef,
Tawhid, 1995, 271 pages

Encyclopédie de la femme en islam,
’Abd Al Halîm Aboû Chouqqa,
Al Qalam, 1998, 6 tomes
ISBN 2-909469-22-0

 

L’islam reconnaît également à la femme le droit au serment d’allégeance. Ceci est une preuve de sa responsabilité morale. Enfin, elle a le droit de participer à l’effort de guerre, le jihad, volontaire et de préférence sans lutte. Par exemple, il peut consister à soigner les blessés ou faire le Hajj et la Omra, ceux-ci étant considérés pour la femme comme un jihad.


Benazir BhuttoAujourd’hui, si nous pouvons citer Benazir Bhutto, ex-Premier ministre de la République islamique du Pakistan, il n’en reste pas moins que les femmes sont loin d’avoir la place qu’elles méritent.


Dans le prochain et dernier volet seront traités les droits économiques de la femme.

Publié dans La Femme Musulmane

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