Mon fils, prends bien garde à toi et regrette le passé de Ibn el Jawzi

Publié le par HABIBA

 

 

 

 

Mon fils, prends bien garde à toi et regrette le passé. Pendant qu'il en est encore temps, oeuvre afin de rattraper les gens accomplis. Forme-toi pendant que tu es encore jeune. Souviens-toi de toutes ces heures perdues inutilement et qu'elles te servent de leçon. Ces heures que tu as passées à te complaire dans la paresse, laissant s'échapper divers actes de piété. Les ancêtres pieux (salafs) aimaient accumuler tous les actes de piété. Ils pleuraient lorsqu'un seul leur échappait.

Ibrahîm Ibn Adham a dit: « Nous sommes allés rendre visite à un malade, celui-ci fixait ses pieds et pleurait. Nous lui dîmes : "Pourquoi pleures-tu ?" Il répondit: "Mes pieds n'ont pas soulevé la poussière dans la voie de Dieu." Une autre personne pleurait, nous lui dîmes alors : "Pourquoi pleures-tu ?" Elle répondit : "Je pleure pour n'avoir point jeûné le jour qui vient de passer, et pour la nuit qui s'en est allée sans avoir accompli une seule prière. »

Sache, mon fils, que les jours se réduisent à des heures et que les heures, le temps d'un souffle. Il y a pour chaque être un entrepôt, donc prends garde de ne pas passer en ce monde sans n'avoir rien accompli. Tu t'apercevras le jour du jugement que l'entrepôt est vide, et là, tu le regretteras.

Un homme dit à 'Âmir Ibn 'Abd Qays: « Lève-toi que je puisse te parler. » Il dit : « Retiens le soleil. (Retiens le temps qui passe trop vite) » Après avoir appris la nouvelle, les gens ont dit : « Vous voulez donc le faire ? Celui à qui appartient le soleil et qui l'a assujetti n'est pas dupe. »

Selon un Hadîth :

« Celui qui dit: Louange et gloire à Dieu, obtiendra un dattier au paradis. »

Vois celui qui perds son temps, combien de dattiers lui ont échappé. Les ancêtres pieux profitaient de chaque instant. Kahmas clôturait trois fois la lecture du Coran en un jour et une nuit. Quarante hommes, parmi les salâfs, accomplissaient la prière de l'aurore avec les ablutions du soir. Râbi'a ne dormait pas la nuit, et au matin, elle s'allongeait pour se reposer un instant, puis se levait brusquement en se disant: « Dans la tombe, le sommeil sera bien assez long. »

Celui qui aurait pu réfléchir sur la vie d'ici-bas, avant même de s'y trouver, celle-ci lui paraîtrait très longue. Lorsqu'il y songera après en être sorti, celle-ci lui semblera très courte et le séjour dans la tombe très long. Quand il pensera au jour du jugement, il saura que sa durée est de cinquante mille ans, et s'il médite sur le séjour au Paradis ou en Enfer, il saura qu'il n'y a pour cela aucune fin. Cependant, s'il examine la durée de vie qui lui est impartie dans ce monde, - disons que l'on nous a imparti une soixantaine d'années - il s'apercevra qu'il a consacré trente années de celle-ci au sommeil, quinze années à l'enfance, et lorsque tu fais le compte de ce qu'il te reste, tu t'apercevras qu'une grande partie est consacrée aux passions, à la nourriture et à la recherche des biens matériels. Lorsqu'il en extrait ce qu'il a consacré pour l'au-delà, il s'aperçoit qu'une partie de ses actes n'est autre, pour la plupart, que des actes d'hypocrisie et d'inconscience. Donc, avec quoi vas-tu acheter la vie éternelle ? Alors que c’est ces heures qui passent qui en sont le prix.

Toute cette négligence passée ne te procurera aucun bien. Bon nombre de gens ont eu un regain de conscience après une période d'inconscience et d'inactivité. Shaykh Abû al-Hâkim me raconta ce que le juge parmi les juges, Abû al-Hassan Al Jmighânî, lui dit: « Durant ma jeunesse, j'étais occupé à ne rien faire, n'étant pas intéressé par l'étude de la science, voilà qu'Abû 'Ubayd me fit venir et me dit : " Mon fils, je ne serai pas toujours à ta disposition. Alors prends vingt dinars, ouvre une boulangerie et subviens à tes besoins." Je lui répondis : "Pourquoi ces paroles ?" Il ajoutà : " Ouvre une épicerie." Je lui dis: "Faire cela alors que je suis le fils du juge parmi les juges." Il répondit: "Je vois que tu n'aimes pas la science [religieuse]." Je lui dis : "Fais moi un sermon sur-le-champ." Ce qu'il fit. Je finis donc par reprendre l'étude des sciences. »

Quelques proches d'Abû Muhammad al-Hulwânî m'ont raconté que ce dernier a dit : « Mon père décéda alors que j'avais vingt et un ans. J'étais complètement inactif. Je me rendis un jour auprès des locataires de la maison dont j'avais hérité pour percevoir le loyer. Soudain, je les entendis murmurer : "Voilà le percepteur !" Je me suis dit : "C'est là l'opinion qu'ont les gens de moi ?" Je me rendis chez ma mère pour lui dire: "Dorénavant, si tu demandes après moi, adresse-toi à la mosquée de Shaykh al-Khattâb." Depuis, je ne l'ai jamais quitté jusqu'au jour où j'ai obtenu la fonction de juge, que j'ai exercée durant une certaine période. Je (Ibn al Jawzî) l'ai aperçu moi-même prononcer des fatwas, superviser et rédiger. »

Mon fils, il te faut être vigilant dès l'aube, en évitant toute discussion sur les choses d'ici-bas. À cette heure de la journée, les ancêtres pieux ne discutaient jamais à ce sujet. En telle circonstance, prononce l'invocation suivante: « Louange à Dieu qui nous a fait vivre après nous avoir fait mourir et c'est vers Lui que se fera le rassemblement. Louange à Celui qui retient le ciel afin qu'il ne tombe sur la terre si ce n'est par Sa permission. Certes Dieu est Bon et Miséricordieux avec les êtres. » Ensuite, fais tes ablutions et accomplis la prière de l'aube (sunna), puis, en toute humilité, rends-toi à la mosquée et durant ton trajet, récite ceci-. « Mon Dieu, je T'invoque selon le droit accordé à tous ceux qui T'invoquent et d'après cette marche qui me mène à toi. Je ne sors pas avec le mal en moi, ni avec arrogance, ni même par hypocrisie ou avec l'intention d'acquérir une réputation. Je sors craignant Ta colère et recherchant Ta satisfaction. Je Te demande de me préserver du feu et de me pardonner mes péchés, Tu es le seul à pardonner les péchés. »

Puis, rejoins l'imâm [pour accomplir la prière en assemblée] et lorsque tu auras terminé, prononce dix fois : « Il n'y a de divinité que Dieu seul, Il n'a pas d'associé, Il possède la création, à Lui les louanges. Il a le pouvoir sur toute chose. » Puis dis dix fois: « Subhân Allah, al-Hamdu lillahi, et Allahu Akbar. » Ensuite, demande à Dieu d'accepter ta prière et si cela t'est possible, assieds-toi et évoque ton Seigneur et ce, jusqu'au lever du soleil. Il ne te restera qu'à accomplir une prière surérogatoire et te retirer.

Consacre-toi ensuite aux sciences qui te sont accessibles.



La plus importante est le perfectionnement du Coran, puis la jurisprudence. Lorsque le soleil est déjà élevé à l'horizon, accomplis huit rak'ats' et remets-toi à la lecture jusqu'à l'heure de la prière de l'après-midi.

Ensuite, retourne à tes études jusqu'au coucher du soleil (maghrib). Accomplis deux rak'as après le maghrib dans lesquelles tu récites deux parties (juz') du Coran. Quand tu auras accompli la prière du soir, révise tes cours !

Ensuite, mets-toi au lit où tu pratiqueras le tasbîh et le tahmîd trente-trois fois, et le takbîr trente quatre fois. Puis récite l'invocation suivante « Seigneur, préserve-moi du feu le jour où tu rassembleras tes serviteurs. »

 

 

 

Publié dans Rappels

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