Poèmes

Mardi 24 mai 2005

L'an neuf de l'Hégire


Comme s'il pressentait que son heure était proche,
Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;
Il marchait en rendant aux passants leur salut ;
On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu'il eût
A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;
Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,
Se souvenant du temps qu'il était chamelier.
Il semblait avoir vu l'Eden, l'âge d'amour,
Les temps antérieurs, l'ère immémoriale.
Il avait le front haut, la joue impériale,
Le sourcil chauve, l'oeil profond et diligent,
Le cou pareil au col d'une amphore d'argent,
L'air d'un Noé qui sait le secret du déluge.
Si des hommes venaient le consulter, ce juge
Laissait l'un affirmer, l'autre rire et nier,
Ecoutait en silence et parlait le dernier.
Sa bouche était toujours en train d'une prière ;
Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;
Il s'occupait de lui-même à traire ses brebis ;
Il s'asseyait à terre et cousait ses habits.
Il jeûnait plus longtemps qu'autrui les jours de jeûne,
Quoiqu'il perdît sa force et qu'il ne fût plus jeune.
A soixante-trois ans une fièvre le prit.
Il relut le Coran de sa main même écrit,
Puis il remit au fils de Séid la bannière,
En lui disant : " Je touche à mon aube dernière.
Il n'est pas d'autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. "
Et son oeil, voilé d'ombre, avait ce morne ennui
D'un vieux aigle forcé d'abandonner son aire.
Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,
Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;
Et l'étendard sacré se déployait au vent.
Là, pâle, il s'écria, se tournant vers la foule ;
" Peuple, le jour s'éteint, l'homme passe et s'écroule ;
La poussière et la nuit, c'est nous. Dieu seul est grand.
Peuple je suis l'aveugle et suis l'ignorant.
Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. "
Un cheikh lui dit : " O chef des vrais croyants ! le monde,
Sitôt qu'il t'entendit, en ta parole crut ;
Le jour où tu naquit une étoile apparut,
Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. "
Lui, reprit : " Sur ma mort les Anges délibèrent ;
L'heure arrive. Ecoutez. Si j'ai de l'un de vous
Mal parlé, qu'il se lève, ô peuple, et devant tous
Qu'il m'insulte et m'outrage avant que je m'échappe ;
Si j'ai frappé quelqu'un, que celui-là me frappe. "
Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.
Une vieille, tondant la laine d'un mouton,
Assise sur un seuil, lui cria : " Dieu t'assiste ! "
Il semblait regarder quelque vision triste,
Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : " voilà,
Vous tous, je suis un mot dans la bouche d'Allah ;
Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.
J'ai complété d'Issa la lumière imparfaite.
Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.
Le soleil a toujours l'aube pour précurseur.
Jésus m'a précédé, mais il n'est pas la Cause.
Il est né d'une Vierge aspirant une rose.
Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,
Je ne suis qu'un limon par les vices noirci ;
J'ai de tous les péchés subi l'approche étrange ;
Ma chair a plus d'affront qu'un chemin n'a de fange,
Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;
O vous tous, je serais bien vite dévoré
Si dans l'obscurité du cercueil solitaire
Chaque faute engendre un ver de terre.
Fils, le damné renaît au fond du froid caveau
Pour être par les vers dévoré de nouveau ;
Toujours sa chair revit, jusqu'à ce que la peine,
Finie ouvre à son vol l'immensité sereine.
Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,
Tantôt l'homme d'en haut, tantôt l'homme d'en bas,
Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne
Comme dans le désert le sable et la citerne ;
Ce qui n'empêche pas que je n'aie, ô croyants !
Tenu tête dans l'ombre au x Anges effrayants
Qui voudraient replonger l'homme dans les ténèbres ;
J'ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;
Souvent, comme Jacob, j'ai la nuit, pas à pas,
Lutté contre quelqu'un que je ne voyais pas ;
Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie ;
Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,
Et, comme je sentais en moi la vérité,
Je les ai combattus, mais sans être irrité,
Et, pendant le combat je criais : " laissez faire !
Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.
Qu'ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !
Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis
Auraient, pour m'attaquer dans cette voie étroite,
Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,
Ils ne me feraient point reculer ! " C'est ainsi
Qu'après avoir lutté quarante ans, me voici
Arrivé sur le bord de la tombe profonde,
Et j'ai devant moi Allah, derrière moi le monde.
Quant à vous qui m'avez dans l'épreuve suivi,
Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,
Vous avez bien souffert, mais vous verrez l'aurore.
Après la froide nuit, vous verrez l'aube éclore ;
Peuple, n'en doutez pas ; celui qui prodigua
Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,
Les perles à la mer et les astres à l'ombre,
Peut bien donner un peu de joie à l'homme sombre. "
Il ajouta ; " Croyez, veillez ; courbez le front.
Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront
Sur le mur qui sépare Eden d'avec l'abîme,
Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;
Presque personne n'est assez pur de péchés
Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,
En priant, que vos corps touchent partout la terre ;
L'enfer ne brûlera dans son fatal mystère
Que ce qui n'aura point touché la cendre, et Dieu
A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;
Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;
Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,
Les chevaux sellés d'or, et, pour fuir aux sept dieux,
Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;
Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,
Habite un pavillon fait d'une perle creuse ;
Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur !
Ils auront des souliers de feu dont la chaleur
Fera bouillir leur tête ainsi qu'une chaudière.
La face des élus sera charmante et fière. "
Il s'arrêta donnant audience à l'espoir.
Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :
" O vivants ! Je répète à tous que voici l'heure
Où je vais me cacher dans une autre demeure ;
Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,
Que je sois dénoncé par ceux qui m'ont connu,
Et que, si j'ai des torts, on me crache aux visages. "
La foule s'écartait muette à son passage.
Il se lava la barbe au puits d'Aboufléia.
Un homme réclama trois drachmes, qu'il paya,
Disant : " Mieux vaut payer ici que dans la tombe. "
L'oeil du peuple était doux comme un oeil de colombe
En le regardant cet homme auguste, son appui ;
Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,
Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,
Et passèrent la nuit couchés sur une pierre
Le lendemain matin, voyant l'aube arriver ;
" Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,
Tu vas prendre le livre et faire la prière. "
Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
Il écoutait pendant qu'Aboubékre lisait,
Et souvent à voix basse achevait le verset ;
Et l'on pleurait pendant qu'il priait de la sorte.
Et l'Ange de la mort vers le soir à la porte
Apparut, demandant qu'on lui permît d'entrer.
" Qu'il entre. " On vit alors son regard s'éclairer
De la même clarté qu'au jour de sa naissance ;
Et l'Ange lui dit : " Dieu désire ta présence.
- Bien ", dit-il. Un frisson sur les tempes courut,
Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.

Par HABIBA
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Vendredi 27 mai 2005
 Amour, Ou vas tu si doucement?
 Pourquoi ne me regarde tu pas?
 Je t'implore, mais tu n'entends,
 Hélas que ta propre voix,

 Ja sais que tu as mal
 Ta famille me dénigre encore..
 Pour eux je suis une sorte de Crotale!
 Ne t'inquiète pas mon ame est scellé de fils d'or

 Notre amour est si grand
 Nos deux destins enfin lié
 Seigneur aimé, le tout puissant
 Protège nous de la médisance des égarés

 Cette fille n'est pas faite pour toi !
 Elle ne t'apportera que malheur
 Mon fils éloigne toi !
 Ses mots m'ont tranchés le coeur

 Oui je ne suis pas de ta région au bled !
 Mais nous venons du même pays !
 Oui je suis plus grande que toi !
 Le prophète a lui même fait ce choix!

 Je sais que de la haut Seigneur
 Tu vois ce qui nous arrive
 Guide cette famille de la peur
 De voir leur enfant partir

 Je sais que c'est dur pour une mère
 Que son fils se mari enfin
 Mais n'est pas la moitié de la religion sur cette terre?
 Si, alors il faut être serein

 Je ne vous prend pas votre fils,
 Il restera toujours a coté des siens
 Il ne faut pas me médire, etre triste
 Et souhaité le mal, c'est pas bien

 Patience est devenu notre loi
 En attendant que l'orage passe
 Mon amour ensemble en ayant la foi
 On sera plus fort, on brisera la glace.

Par HABIBA
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Vendredi 27 mai 2005

 

Dans la rue, on voit des gens
Qui nous rappellent le Tout Puissant

Par le Salam, ils nous saluent
par la foi, on s'est reconnus

Un regard, un sourire, un mot
Et voilà qu'on oublie tous nos maux.

Hélas, ces gens sont peu nombreux
Les autres semblent trop sérieux.

Essayons d'être un peu plus joyeux
Pour que tout le monde soit plus heureux.

A Khadidja, Fabrice, Hichem, Oum Khaltoum...
A tous ces gens, je leur dis Baraka Allahou fikoum!!!!

Source: Dhoul Quad'ah 2004 n°18

Par HABIBA
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Mercredi 22 juin 2005

 

Demain, je deviendrai sincère
Demain, je commencerai la prière
Demain, j'irai à la mosquée
Demain, j'aurai le coeur illuminé
Demain, propre sera mon sang
Demain, je deviendrai musulman
Mais pour l'instant, ce n'est qu'aujourd'hui...

Mon frère, ma soeur, les jours nous sont comptés,
A chaque jour qui passe, nous voilà amputé
Tu comptes peut-être, dès demain commencer,
Mais qui te dis que tu pourra encore te racheter ?

Tu repousses chaque jour les bonnes actions,
Croyant naivement que ce soir tu stoppes l'effusion,
Mais entre-nous, ça fait combien de temps,
Qu'à toi même, ouvertement tu te mens ?
Quand t'entends le rappel,
Tu restes sourd à l'appel,
Malgré tes beaux yeux, tu restes aveuglé,
Par ce bas-monde et tous ses vices cachés.
Les jours défilent, les mois, les années passent,
Et toi jusque maintenant, t'es toujours à ta place.
Tu te dis toujours demain,
Il est trop tôt pour lever mes mains,
Le temps est pourtant ton maitre,
Mais toi, tu restes comme un traître.
T'es pas conscient que t'es dans le faux,
Et pourtant, crois-moi, changer, il le faut.

Mon frère, ma soeur, les jours nous sont comptés,
A chaque jour qui passe, nous voilà amputé
Tu comptes peut-être, dès demain commencer,
Mais qui te dis que tu pourra encore te racheter ?

Quand viendra ton jour, tu partira,
Mais dis moi, quel bagage tu emportera ?
Celui des erreurs et des bavures,
Ou celui où, jamais tu assures?
L'au-delà, ça dure pas qu'un an,
Réveilles-toi mon gars, car ça dure infiniment.
C'est pas trop tard, car avant de partir,
Grandes ouvertes sont, les portes du repentir.
Réveilles toi, je t'assure, tout n'est pas mort,
Occupes toi plutôt, de ce que s'ra ton sort.
Pour chaque acte, tu seras rétribué,
Vaut mieux pour toi, qu'vers le bien ta balance soit penchée.
Laches tes délires, qui ne te mènent à rien,
Et espère que le Paradis, un jour sera tien.
Maintenant si tu le veux, faut le mériter,
Et dès à présent, commences à y travailler.

Mon frère, ma soeur, les jours nous sont comptés,
A chaque jour qui passe, nous voilà amputé
Tu comptes peut-être, dès demain commencer,
Mais qui te dis que tu pourra encore te racheter ?

Mon frère, ma soeur, la vie d'ici-bas,
N'est qu'une épreuve avant celle de l'au-delà,
Actives-toi, pour pas qu't'aies un goût amer,
Le jour où, tu seras mis en terre.
Car très vite, tu sauras c'qu'il adviendra de toi,
Et ce jour là, te demandes pas pourquoi.
Et même si tu pleures, comme un enfant à sa mère,
Quoique tu fasses, pas d'retour en arrière.
Tes regrets et ta peine ne pourront s'effacer,
T'aura pas d'autre choix que de les supporter,
D'autant plus que t'étais au courant,
De la récompense, et du châtiment.
A toi, de voir, ce que tu veux gagner,
Le Paradis ou l'Enfer, pour l'éternité.
Enfin, ta vie comme tu l'entends tu vas mener,
Moi, j'espère juste qu'au fond, t'as les épaules pour assumer.

Mon frère, ma soeur, les jours nous sont comptés,
A chaque jour qui passe, nous voilà amputé
Tu comptes peut-être, dès demain commencer,
Mais qui te dis que tu pourra encore te racheter ?
Mon frère, ma soeur, les jours nous sont comptés,
A chaque jour qui passe, nous voilà amputé
Tu comptes peut-être, dès demain commencer,
Mais qui te dis que tu pourra encore te racheter ?

Par HABIBA
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Jeudi 23 juin 2005


Par HABIBA
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